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"Voici l'Homme"

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"Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré"

Publié par Emilie sur 28 Janvier 2013, 07:36am

Catégories : #Psaume 109, #Messie, #Christ, #Rosée, #Aurore

"Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré"

 Aujourd’hui, je voudrais vous proposer de poursuivre notre réflexion sur le Psaume 109 (cf. article « Domine jusqu’au cœur de l’ennemi »), en nous arrêtant sur le verset suivant :

                « Comme la rosée qui naît de l’aurore, je t’ai engendré. »

Dans sa seule forme lyrique, cette formule dégage une grande douceur … Mais, est-ce tout ? Le psaume 109 débute par le verset suivant : « Oracle du Seigneur à mon seigneur … ».

« Oracle » : parole de Dieu.

Qu’est-ce qu’un oracle ? Du latin « oro », « orare » signifiant parler, témoigner (mais aussi prier : oraison), découle « oraculum » : la parole d’un dieu. Une prophétie. Dans ce premier verset, Dieu s’adresse donc à un être de rang noble, un « seigneur ». Qui est-il ?

Ne désirant pas aller trop rapidement à l’évidence, relisons et méditons ces versets comme si nous les découvrions pour la première fois. Car une évidence empêche bien souvent d’aller en profondeur. La naïveté quant à elle sait toujours poser les questions qui interpellent.

« Du Seigneur à mon seigneur ».

Etrange ! Ce seigneur dispose du même nom, du même titre que Dieu : « seigneur ».

Le psychologue est toujours interpellé par la répétition. Comment celle-ci fait-elle sens ici ? S’agit-il d’une confusion d’identité ? D’une indifférenciation ? Non … car une chose – une petite chose – les différencie : une majuscule. Un léger degré de seigneurie. Majusculus signifie « un peu plus grand ». Dieu s’adresse donc à un roi, un peu moins grand que Lui mais appelé à siéger à sa droite : « Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. » (Ph 2, 6)

Nous pourrions encore utiliser la notion « psy » de relation spéculaire pour parler de ce verset. C'est-à-dire, une relation en miroir. Cela donnerait sens à cette danse subtile entre le Seigneur et son roi. Car si ce dernier est d’abord invité au début du psaume à se placer à la droite de Dieu, voilà que les places s’inversent au dernier paragraphe : « à ta droite se tient le Seigneur ». Comment peuvent-ils être mutuellement à la droite l’Un de l’autre, dans un même temps ? Impossible ! Mais étrangement, ce problème spatial s’associe à cet autre que nous trouvons dans Jn 14, 11 : « je suis dans le Père, et le Père est en moi ».  

Il existe donc entre ce Dieu et ce roi une relation bien inhabituelle, qui nous échappe, qui laisserait entendre que l’Un est l’autre (mêmes noms, mêmes fonctions, mêmes places) et pourtant qu’ils sont différenciés (l’Un étant « un peu plus grand » que l’autre). Devant ce regard en miroir de Dieu sur son seigneur, là encore une parole de Jean résonne dans notre esprit : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9).

« Je t’ai engendré »

Mais voilà que cette parole de Jean introduit une notion de filiation : « Père ». En est-il de même ici ? Oui, comme en témoigne l’utilisation des verbes « naître » et « engendrer ». Engendrer, c’est enfanter. Il existerait donc bien un lien père-fils … et pourtant, d’une manière bien particulière et mystérieuse : « comme la rosée naît de l’aurore ». Oui, le roi est fils, mais non issu d’une filiation humaine.

Le roi est donc « fils de » Dieu.  

« Comme la rosée naît de l’aurore »

Qu’est-ce que la rosée ? Pendant la journée, le sol emmagasine la chaleur du soleil. Mais la nuit, la chaleur s’élève dans l’air et la température du sol s’abaisse. La froideur du sol se propage dans l’air environnant contenant de la vapeur d’eau qui se condense alors et forme des gouttelettes d’eau. Celles-ci se déposent sur les surfaces les plus froides (herbes, feuilles, etc.).

Quelques remarques :

1)     La condensation est le phénomène physique par lequel la matière passe d’un état à un autre. Ici, il s’agit en l’occurrence du passage de l’état gazeux à l’état liquide. Ainsi, le « fils de » Dieu subit un changement d’état. Lui qui est identique et pourtant différent de son Père, n'est-il pas passé de l’état divin (/nature divine) à l’état  humain (/nature humaine) ? Et tout comme l'eau garde sa formule (H2O) quelque soit sa forme ; le fils de Dieu est vrai homme tout en restant vrai Dieu. Vraiment différent et pourtant vraiment semblable à son Père.

2)     La rosée serait donc le fruit d’une rencontre entre le ciel et la terre ; entre la vapeur d’eau contenu dans l’air et la froideur s’élevant du sol. De toute évidence, la froideur qui monte de la terre interpelle Dieu, ne le laisse pas indifférent, au point de nous envoyer ce roi, son fils. Nos cœurs peuvent s’échauffer sous le ciel de sa Présence, mais la nuit est belle et bien là, elle aussi. La nuit du péché, la nuit de la haine, de l’injustice, de l’indifférence, de la souffrance. Dans cette nuit l’homme croit Dieu absent : « mais où est Dieu ? » s’écrie l’homme – « aux antipodes, de l’autre côté, sur l’autre hémisphère de ton humanité » nous répond-Il.  Mais puisque l’homme persiste à croire Dieu absent de sa nuit, il envoie son Fils sur la terre, précédant et annonçant le prompt retour de Dieu (car cette rosée là naît de l’aurore). Il l’envoie embrasser notre froideur car :

 

3)     De même que la rosée se dépose sur les corps qui sont mauvais conducteurs de chaleur, sur les surfaces les plus froids … le Fils de Dieu se dépose sur nos cœurs froids et tièdes.  Il s’y dépose avec douceur cherchant à éveiller nos cœurs à la chaleur du Soleil Levant, sans nous l’imposer pourtant : l’eau est conductrice de chaleur, certes … mais pas autant que l’acier. Et que deviendraient nos cœurs sous le poids d’un tel matériau ?   

Voilà donc un verset d’apparence beau et poétique, et qui, pourtant, nous révèle tout le sens de la venu du Christ en ce monde : « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! ». Et ce psaume – du moins, les parties auxquelles nous nous sommes intéressées aujourd’hui – nous dévoilent l’identité du Messie : parfaitement identifiable à Dieu et pourtant différent, fils de Dieu,  ayant subi – comme la rosée – un changement d’état/de nature, s’abaissant (renonçant à sa majuscule) pour se faire homme.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

Aujourd’hui, je voudrais vous proposer de poursuivre notre réflexion sur la Psaume 109 (cf. article « Domine jusqu’au cœur de l’ennemi »), en nous arrêtant sur le verset suivant :

               

                « Comme la rosée qui naît de l’aurore, je t’ai engendré. »

 

Dans sa seule forme lyrique, cette formule dégage une grande douceur … Mais, est-ce tout ?

Le psaume 109 débute par le verset suivant : « Oracle du Seigneur à mon seigneur … ».

 

« Oracle » : parole de Dieu.

Qu’est-ce qu’un oracle ? Du latin « oro », « orare » signifiant parler, témoigner (mais aussi prier : oraison), découle « oraculum » : la parole d’un dieu. Une prophétie. Dans ce premier verset, Dieu s’adresse donc à un être de rang noble, un « seigneur ». Qui est-il ?

Ne désirant pas aller trop rapidement à l’évidence, relisons et méditons ces versets comme si nous les découvrions pour la première fois. Car une évidence empêche bien souvent d’aller en profondeur. La naïveté quant à elle sait toujours poser les questions qui interpellent.

 

« Du Seigneur à mon seigneur ».

Etrange ! Ce seigneur dispose du même nom, du même titre que Dieu : « seigneur ».

Le psychologue est toujours interpellé par la répétition. Comment celle-ci fait-elle sens ici ? S’agit-il d’une confusion d’identité ? D’une indifférenciation ? Non … car une chose – une petite chose – les différencie : une majuscule. Un léger degré de seigneurie. Majusculus signifie « un peu plus grand ». Dieu s’adresse donc à un roi, un peu moins grand que Lui mais appelé à siéger à sa droite, auprès de Lui :

               

                « Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. » (Ph 2, 6)

               

Nous pourrions encore utiliser la notion « psy » de relation spéculaire pour parler de ce verset. C'est-à-dire, une relation en miroir. Cela donnerait sens à cette danse subtile entre le Seigneur et son roi. Car si ce dernier est d’abord invité au début du psaume à se placer à la droite de Dieu, voilà que les places s’inversent au dernier paragraphe : « à ta droite se tient le Seigneur ». Comment peuvent-ils être mutuellement à la droite l’Un de l’autre, dans un même temps ? Impossible ! Mais étrangement, ce problème spatial s’associe à cet autre que nous trouvons dans Jn 14, 11 : « je suis dans le Père, et le Père est en moi ».  

Il existe donc entre ce Dieu et ce roi une relation bien inhabituelle, qui nous échappe, qui laisserait entendre que l’Un est l’autre (mêmes noms, mêmes fonctions, mêmes places) et pourtant qu’ils sont différenciés (l’Un étant « un peu plus grand » que l’autre). Là encore la parole de Jean résonne dans notre esprit : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9).

 

« Je t’ai engendré »

Mais voilà que cette parole de Jean introduit une notion de filiation : « Père ». En est-il de même ici ? Oui, comme en témoigne l’utilisation des verbes « naître » et « engendrer ». Engendrer, c’est enfanter. Il existerait donc bien un lien père-fils … et pourtant, d’une manière bien particulière et mystérieuse : « comme la rosée naît de l’aurore ». Oui, le roi est fils, mais non issu d’une filiation humaine.

Le roi est donc « fils de » Dieu.  

 

« Comme la rosée naît de l’aurore »

Qu’est-ce que la rosée ?

Pendant la journée, le sol emmagasine la chaleur du soleil. Mais la nuit, la chaleur s’élève dans l’air et la température du sol s’abaisse. La froideur du sol se propage dans l’air environnant contenant de la vapeur d’eau qui se condense alors et forme des gouttelettes d’eau. Celles-ci se déposent sur les surfaces les plus froides (herbes, feuilles, etc.).

Quelques remarques :

1)     La condensation est le phénomène physique par lequel la matière passe d’un état à un autre. Ici, il s’agit en l’occurrence du passage de l’état gazeux à l’état liquide. Ainsi, notre roi est « fils de » Dieu par un changement d’état. Lui qui est identique et pourtant différent de son Père, ne serait-il pas passé de l’état divin (/nature divine) à l’état  humain (/nature humaine) ?  

 

2)     La rosée serait donc le fruit d’une rencontre entre le ciel et la terre ; entre la vapeur d’eau contenu dans l’air et la froideur s’élevant du sol. De toute évidence, la froideur qui monte de la terre interpelle Dieu, ne le laisse pas indifférent, au point de nous envoyer ce roi, son fils. Nos cœurs peuvent s’échauffer sous le ciel de sa Présence, mais la nuit est belle et bien là, elle aussi. La nuit du péché, la nuit de la haine, de l’injustice, de l’indifférence, de la souffrance. Dans cette nuit l’homme croit Dieu absent : « mais où est Dieu ? » s’écrie l’homme – « aux antipodes, de l’autre côté, sur l’autre hémisphère de ton humanité » nous répond-Il.  Mais puisque l’homme persiste à croire Dieu absent de sa nuit, il envoie son Fils sur la terre, précédant et annonçant le prompt retour de Dieu (car cette rosée là naît de l’aurore). Il l’envoie embrasser notre froideur car :

 

3)     De même que la rosée se dépose sur les corps qui sont mauvais conducteurs de chaleur, sur les surfaces les plus froids … le Fils de Dieu se dépose sur nos cœurs froids et tièdes.  Il s’y dépose avec douceur cherchant à éveiller nos cœurs à la chaleur du Soleil Levant, sans nous l’imposer pourtant : l’eau est conductrice de chaleur, certes … mais pas autant que l’acier. Et que deviendraient nos cœurs sous le poids d’un tel matériau ?   

 

 

Voilà donc un verset d’apparence beau et poétique, et qui, pourtant, nous révèle tout le sens de la venu du Christ en ce monde : « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! ». Et ce psaume – du moins, les parties auxquelles nous nous sommes intéressées aujourd’hui – nous dévoilent l’identité du Messie : parfaitement identifiable à Dieu et pourtant différent, fils de Dieu,  ayant subi – comme la rosée – un changement d’état/de nature, s’abaissant (renonçant à sa majuscule) pour se faire homme.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

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