Un peu de terre nue où rien n'a vraiment poussé qui vaille une moisson, mais où toutes semailles apparaissent soudain réalisables.
Un peu de terre nue, qui tantôt nous semble la poussière de toutes sortes de morts pécheresses et tantôt le terreau de possibles saintetés.
Un peu de terre nue reccueillie dans la main de Dieu : voilà, c'est nous.
De s'éprouver ainsi nu et précaire dans l'éternelle et amoureuse main de Dieu, c'est le fondement de l'oraison.
Il plaît à Dieu de nous prendre là où nous sommes afin de nous conduire là où il veut
Entre Lui et nous, il y aura tout ce temps perdu à ne pas l'aimer, et ce temps ne se peut rattraper.
Lorsque enfin nous comprenons que nous ne te posséderons jamais parfaitement ici-bas, c'est Toi qui nous possèdes trop pour que nous songions à reculer
[Ne pas se soucier] du temps qu'il fait dans notre être, lorsque nous sommes occupés avec le Seigneur. Tantôt c'est la tiédeur d'un été, tantôt l'austérité d'un hiver : nous perdrions notre sérennité et notre disponibilité à chercher à connaître les lois de ces saisons capricieuses
Quand tu t'apperçois que tu penses à autre chose qu'au Seigneur, c'est qu'à cette minute tu as pouvoir d'oublier cette autre chose et de revenir au Seigneur, fais le donc aussitôt tout simplement. Et si dix fois cela arrive, reviens dix fois au Seigneur. Alors tes distractions te rendront humble mais ne t'enlèveront pas le profit de l'oraison, car Il sait combien nous l'aimons Celui auprès duquel dix fois nous revenons après que dix fois l'on nous a entraîné ailleurs.
Faire oraison c'est faire l'expérience que Dieu t'échappe toujours davantage, mais que toi tu lui échappes de moins en moins.
