Regarde cette fleur.
Observe-la et comprends.
Regarde comme elle tend vers le soleil.
Vois comme elle se désaltère dans la chaleur de ses rayons.
Vois comme tout son être tend vers la vie.
C’est cela qui la fait grandir :
C’est un désir.
Celui de s’approcher et de s’abreuver toujours plus.
Vois encore comme dans ce désir qu’elle croit si personnel,
Elle donne vie à tout l’univers.
Car c’est en se nourrissant toujours plus de la lumière,
Qu’elle pourvoit aux êtres qui peuplent la Terre,
L’air dont ils ont tant besoin.
Sans s’en apercevoir,
Croyant que cela n’est qu’un fait anodin de sa constitution,
Elle ignore que de par sa nature,
Elle donne vie au monde.
Contemple maintenant le soleil :
Il faut à la vie,
Un astre lumineux, une source de chaleur,
Qui ne soit ni trop près,
Ni trop loin.
Cette distance est la condition pour que naisse la fleur,
Et que croisse sa beauté.
Ne faut-il pas qu’il en soit de même pour Moi ?
Je ne suis ni absent,
Ni pleinement présent,
Pour qu’ainsi les fleurs de mon jardin,
Ne soient jamais altérées,
Et toujours assoiffées.
Que toujours elles Me désirent,
Que toujours Je les attire,
Pour qu’ainsi elles croissent,
Se parant de couleurs et de beauté.
Et si mes fleurs s’attristent de leurs épines,
Qu’elles soient consolées :
Le Jardinier n’a pas craint de s’approcher,
Prenant sur Lui chaque épine,
Pour que seules me restent mes roses et leurs parfums.